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I. Interview de Nathalie Stein, présidente
de l’amicale de la Saint-Jean de Sierck
Nathalie Stein habite Sierck et, est assistante de direction au
Luxembourg. Présidente de l’amicale de la Saint-Jean depuis
2006, elle exerce sa tâche avec passion.
Quand êtes-vous arrivée dans la région ?
Qu’est-ce qui vous a plu ?
Je suis arrivée à Sierck en 2000 pour y habiter. Toutefois
je connaissais déjà la région car la marraine de
mon fils (né en 1997) est sierckoise, à l'époque
j'habitais Florange. J'ai tout de suite voulu venir habiter ici car je
suis tombée amoureuse de cette ville et de sa belle région
verdoyante. J'ai cherché jusqu'en 2000 pour trouver la maison
que j'occupe actuellement pour venir m'installer ici. Je suis alsacienne
d'origine et j'ai toujours vécu entre plusieurs pays (France Allemagne
Suisse). La proximité de plusieurs pays est une richesse humaine
et culturelle exceptionnelle. Il m'a fallu quelques temps d'adaptation
pour me faire connaître des habitants mais j'ai appris à les
connaître aux travers des associations et depuis 2004 j'essaie
de porter ma contribution en mettant en avant le dynamisme des gens,
les ressources de la région, la créativité des associations,
la volonté de tous à vivre ensemble harmonieusement.
Pourquoi êtes-vous entrée dans l’amicale
de la roue de la Saint-Jean ?
J'ai démarré l'associatif à Sierck par l'Association
de Parents d'Elèves en 2004. Tour à tour assesseur, secrétaire
et actuellement vice-présidente je continue par souci de bien-être
pour les enfants à relayer le dynamisme de cette association à améliorer
la vie de nos enfants et les conditions humaines de travail l'école
(développement de moyen pour un enseignement de qualité).
En 2004, j'ai intégré l'amicale de la Saint Jean comme bénévole
dans les stands pour la fête. J'ai adoré l'esprit qui s'en dégageait,
l'envie de plusieurs dizaines de personnes de travailler en harmonie pour développer
une fête qui permette à tous d'y participer dans le respect et la
pérennité de la tradition de la roue de la Saint Jean.
Très vite je me suis rendue compte de la difficulté de la tâche
de gérer une structure aussi énorme par le biais du bénévolat
dans notre contexte économique actuel.
Quel est votre rôle au sein du comité ?
En 2005, j'ai intégré le comité comme vice-présidente
et l'année suivante comme présidente. En tant que Présidente
mon rôle est de fédérer les gens.
Je souhaite permettre, par la mise en relation de tous les acteurs autour
de ce projet, la pérennisation de cette tradition. Depuis début 2006
notre souhait a été de développer les moyens de stabiliser
les possibilités financières de réaliser cette fête
au travers d'un outil qui nous servirait aussi à la promotion de la région,
d'où la création du site portail www.autour-de-la-roue.com. Nous
essayons ainsi de lui donner une dimension culturelle en sus de la dimension
humaine et traditionnelle qu'elle a déjà.
Je suis donc principalement en charge du développement commercial du site
et du développement relationnel avec tous nos partenaires.
Avec toute l'équipe du comité, nous organisons ensemble la fête:
programme, infrastructure, services, communication ...
Pouvez-vous nous expliquer comment
se passe la fête de
la Saint-Jean de nos jours ?
Le principe de la fête pour les visiteurs doit rester ce que les
gens ont toujours connu: un week-end de détente en plusieurs temps
forts qui s'adresse à tous et nous permette une fois par an de
nous retrouver tous ensemble autour d'une tradition séculaire.
Les modalités varient en fonction des années et nous essayons
d'apporter toujours du nouveau dans les choix offerts au public.
Faire et refaire la même fête en renouvelant toujours le programme,
pour toujours essayer de passionner le public.
La tradition a-t-elle beaucoup
changé depuis votre arrivée
dans la région ?
La tradition persiste et notre volonté est de toujours en être
les garants.
Toutefois nous essayons de développer toujours plus nos possibilités
d'où le lancement en 2005 des activités au "parc Valette".
Dans l'optique de promouvoir encore plus ce week-end comme une fête familiale
et populaire nous avons souhaité apporter un plus en mettant en place
une structure d'accueil dans ce parc qui soit un mini parc d'attraction pour
les enfants.
Pour que nous puissions tous faire la fête, avec nos enfants sans que ce
soit toujours une question de moyens cette alternative gratuite par rapport à la
fête foraine a été mise en place avec l'aide de l'Association
des
Parents d'Elèves de Sierck (APES) et du C.L.A.S. Il est de notre volonté que
cette partie de la fête se développe un peu plus tous les ans en
fonction de nos moyens et des partenaires que nous saurons faire adhérer à nos
idées.
En 2007 nous sommes en train de mettre en place "Place du Marché" une
scène ouverte pour les groupes musicaux de la région dans le cadre
d'un festival culturel. Cette nouvelle structure se pérennisera également
en fonction de l'engouement du public et tendra à se développer
avec les années.
Notre but est d'organiser plusieurs fêtes à plusieurs thématiques
au sein même de ce week-end afin de toucher un public de plus en plus large
et que tout un chacun puisse y trouver un moment de détente et de plaisir. |
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II. Interview de
Jacqueline Bruant, viticultrice à Contz
Jacqueline Bruant
possède avec son mari cinq ares de terrain
viticole qu’ils entretiennent avec affection pour ces terres
transmises de génération en génération
depuis 1737.
Quand êtes-vous arrivée dans la région ?
Je me suis installée dans la région lorsque
j’ai rencontré mon mari.
Qu’est-ce qui vous plaît ici ?
Tout d’abord,
je dirais que je me sens un peu comme en vacances dans ce coin.
De plus, j’aime cette région car je la trouve vivante, cosmopolite
et bercée par différentes cultures (française, allemande
et luxembourgeoise). Contrairement aux autres régions françaises,
je trouve que nous avons une plus grande ouverture d’esprit grâce
aux trois langues de la région. Un de mes enfants habite dans
le Sud et lorsque je suis chez lui je suis toujours surprise de n’entendre parler
que le français !
En outre, je me considère comme profondément européenne,
car nous côtoyons deux pays d’Europe.
Pour rien au monde je n’aimerais habiter ailleurs.
Faites-vous
partie d’une association à Contz ?
Malheureusement je ne
fais pas partie d’une association, en tout
cas, pas pour le moment. Par contre, je fais visiter la ville de Sierck
et son château, et je participe à la marche qu’organise
Contz tous les ans et c’est un bon moyen pour moi de promouvoir
la région et ses charmes.
Pouvez-vous
nous expliquer comment se passe le lancement de la roue de nos jours ?
Tout d’abord, il faut savoir que traditionnellement la roue utilisée
est une grosse roue de charrette. Actuellement, la roue provient de la
Meuse où tous les ans, s’y déroule une exposition
des métiers anciens. Notre roue a donc été fabriquée par
un charron de la Meuse et ce, il y a 10ans car, la roue est toujours
la même.
Quinze jours avant la fête, la roue est trempée dans la
Moselle afin de la mouiller pour qu’elle ne brûle pas, elle
n’est sortie que le vendredi précédent le rite. Le
vendredi soir les garçons qui ne sont pas mariés font le
tour du village pour ramasser des fagots, de la paille, du foin pour
embraser la roue et trouver du vin pour faire la fête car cette
tradition est surtout un moment festif et de rassemblement.
Ensuite, sur une grande plaine du Stromberg, les hommes mettent une perche
dans le moyeu de la roue et commencent à l’enflammer sous
les directives du « donneur d’ordre ». Lorsqu’un
coup de sirène retentit du coté de Sierck, le départ
de la roue est donné et les hommes accompagnent la roue
sur la descente.
Je me rappelle qu’il y a une quinzaine d’années, des
femmes chantaient sur le plateau du Stromberg.
Au milieu du Stromberg, les « clampins de la roue » allument
une balle de paille qui traverse le reste de la colline sur un filin
pour aller finir sa course dans la Moselle. L’illusion qu’il
y n’a qu’une seule et même roue est ainsi parfaite.
La tradition
a-t-elle beaucoup changé depuis votre arrivée
dans la région ?
Tout d’abord, pour nous
contzois, la fête de la Saint-Jean
est surtout une fête de famille. Il est certain que les générations évoluent
au fil du temps, mais globalement, l’esprit reste le même.
Ce qui a également changé, c’est le bûché qui
est embrasé lorsque la roue atteint la Moselle. Il y a dix ans,
cela n’existait pas.
De plus, avec la lumière du bûché, les
groupes électrogènes
et la buvette, les gens s’attardent plus longuement sur le Stromberg,
et ceci n’a pas seulement un but commercial, mais avant tout relationnel.
D’ailleurs, il y a des personnes que je croise une seule fois par
an, et ce durant cette soirée ! |