Le
pélerinage de Saint Eloi (2)
Le 25 juin avait lieu le pélerinage de Saint Eloi, saint patron
des agriculteurs, dont la légende veut qu'il eut changé
le fer d'un cheval souffrant en lui coupant la patte avant, ferra
le sabot, et resouda la patte à l'animal qui fut ainsi gueri.
Les pélerins quittaient leur domicile la veille, accompagnés
de leurs chevaux qu'ils tenaient par la bride, et récitaient
le chapelet tout le long du chemin. Le lendemain, arrivé
à la chapelle, le prêtre disait les vêpres et
célébrait une messe habituellement précédée
d'un hymne. Pendant ce temps, les chevaux étaient promenés
en procession autour du lieu de culte. A chaque passage devant la
porte ouverte de la chapelle, le fermier faisait une génuflexion
en direction de l'hôtel. Si l'animal ne pouvait participer
au rituel, son propriétaire devait en couper le plus beau
crin et faire le pélerinage en tenant la mêche à
la main. A la fin de l'office, le prêtre bénissait une
grande cuve remplie d'eau, dont chacun venait remplir une bouteille.
Cette eau bénite était réputée soigner
les animaux malades pendant l'année en la versant dans leur
abreuvoir.
Le
pèlerinage de Saint Cyriaque Vers
1200, les ducs de Lorraine Matthieu II et Régnier décidèrent
d'ériger une chapelle sur la colline de l'hermitage, le
Klausberg. La chapelle, achevée en 1208, fut dédiée à
Saint Cyriaque, patron de la paroisse et aux 14 saints auxiliateurs,
en 1235, le cinquième dimanche après Pâques.
Saint Cyriaque, qui fut diacre de l'église romaine, est
invoqué
contre les rhumatismes et les influences démoniaques. Par
autorisation du Pape Grégoire IX, le pélerinage qui
existait déjà depuis quelques décénies
fut autorisé. C'est ainsi que le "Montlecher Dagg"
fût reconnu. Depuis lors, le pélerinage s'effectue
toujours le cinquième dimanche après Paques, le dimanche
des rogations. La chapelle d'origine fût détruite.
L'actuelle a été reconstruite en 1896.
Jean
de Morbach(4)
Né aux
environs de 1560 à Sierck et issu d’une famille
originaire de Trêves, Jean de Morbach épouse Margueritte
de Neu. Commerçants riches et influents, ils habitaient
une grande maison située au centre de la ville.
Leur puissance s’étend au fil des années avec
l’acquisition du moulin d’Apach et d’autres dépendances
du secteur. Seigneur entre autres de Menskirchen et Hanfgarten,
Jean de Morbach fut anobli en 1596 par Charles III, duc de Lorraine.
En 1604, il fit ériger un maître hôtel en l’église
paroissiale et y fit graver une épitaphe qui dédiait
cet ouvrage à « Dieu, à la très
Sainte Trinité, pour l’édification de la paroisse
et pour le repos des âmes de sa famille ». Le couple
aura plusieurs enfants :
Marie Jacobée de Morbach, héritière de Menskirchen
et de Rotemachern, né vers 1590. Elle se marie à Georges
Frédéric de Lowenstein en 1615. Ce dernier vendra
le moulin d’Apach à la chartreuse de Rettel en
1683. François Philippe de Morbach né vers 1592.
Madeleine de Morbach née en 1600, épousa en 1623
Bernardin de Malavillers. Les aléas de l’époque,
guerre, famine et peste décimèrent la ville et
ses habitants à partir de 1627. La famille de Morbach
tomba dans l’oubli, et leur maison (à un étage
surmontée d'un grenier, donnant en facade sur une cour
ayant sortie sur la rue) fut vendue par ses héritiers
à Nicolas Lautern, receveur du baron d'Eltz Châteaurouge.
Elle fut rachetée, en ruine, à Nicolas Dunot et
Anne Catherine Hoffmann (née Dunot) par la commune en
1749, qui la rasa et en fit la place qui existe encore de nos
jours. Comme si le sort s’acharnait pour effacer les trace
de cette famille, les excès de la terreur pendant la révolution
virent la destruction du maître hôtel de l’église
et de sont épitaphe.
Alors si vous passez par cette place, rappelez vous que c’est ici que vécu
Jean de Morbach, échevin de Sierck, mort en 1610, et sa famille.
Les
pères Récollets (5) Tous les sierckois
connaissent la salle des Récollets et
la tour du même nom du château. Mais qui étaient
donc les Pères Récollets ?
Les Récollets étaient des Franciscains, des religieux
qui suivaient la règle de Saint François d’Assise,
vivant principalement d’aumône. A partir du XVIIIème
siècle, cet ordre religieux se scinda en plusieurs mouvements,
les plus connus étant les Capucins et le Récollets.
Ils étaient surtout implantés en France, en Allemagne,
en Italie.
C’est en 1627 que les Récollets venus d’Allemagne
s’installèrent à Sierck pour y rester jusqu’à la
révolution. Ils n’étaient pas des inconnus
pour les sierckois puisque les Récollets de Beurig sur Sarre
venaient déjà régulièrement aider le
curé de la paroisse dans ses tâches. Les habitants
de la ville avaient quant à eux l’habitude d’aller
en pèlerinage à Beurig pour prier la vierge.
C’est donc à l’invitation des sierckois, avec
l’approbation du Duc de Lorraine Charles IV et de l’Archevêque
de Trêves qu’ils vinrent fonder un couvent au pied
du château. Les travaux durèrent 5 ans, de 1628 à 1633.
En contrebas fut érigé une église achevée
en 1636. Trop proche des fortifications, elle ne fut pas épargnée
par les différents conflits, dont la guerre de 30 ans. C’est
pour cela qu’au XVIIIème siècle on dut refaire
la charpente et restaurer l’orgue. On y installa aussi une
chaire à prêcher visible encore de nos jours dans
l’église de la ville. On construisit aussi l’entrée
principale du cloître, seul témoin de l’implantation
du monastère encore visible de nos jours, à la gauche
de l’entrée du château.
Le rôle des Récollets dans la cité. Les pères étaient
des prédicateurs, ils aidaient aussi les plus démunis,
les victimes de guerre, et ils étaient aussi, comme beaucoup
de religieux à l’époque, des enseignants. Nous
leur devons l’implantation du premier collège de la
ville, en 1783. C’était un établissement pour
garçons qui permettait de suivre l’équivalent
de nos cycles secondaire, supérieur et universitaire.
L’exiguïté du couvent ne permettant pas de contenir
les élèves, c’est donc dans des salles de
la ville ou mises à disposition par des particuliers que
les Pères firent cours. Mais à la révolution,
malgré la requête faite par la municipalité et
les habitants au travers des cahiers de doléances à l’assemblée
nationale, et devant le refus des Pères de prêter
le serment civique, ils furent interdits d’enseigner et le
collège ferma en 1792.
Intimement liés à la vie de Sierck pendant 150 ans,
ayant œuvré pour ses habitants, voila pourquoi une
salle et une tour du château portent le nom de « Récollets »,
bienfaiteur et enseignants, en leur hommage.
La
procession du Gros Cierge (1) Sierck
reste fidèle à un voeu fait en 1750, alors que
les eaux du ruisseau de Montenach noyaient la région.
Tous les ans, le cierge promis à notre Dame des Sept Douleurs
est conduit à l'église Saint Martin de Sierck à
la chapelle de Rustroff, située environ à 500 mètres
à l'est de Sierck. Le pèlerinage a lieu le premier
dimanche de juillet, et la precession apporte un énorme
cierge, qui, en 1983 ne pesait pas moins de 20 kilos, a Notre Dame
des Sept Douleurs pour qu'elle préserve la région
du caprice des eaux.
Les
feux de la saint Jean (1) Très
connus dans toute la Lorraine, les feux de la Saint Jean brûlaient
autrefois sur de très nombreuses collines au solstice
d'été. Il était aussi d'usage de faire dévaler
d'une colline une roue enflammée qui devait garantir de
bonnes récoltes. Ces fêtes du feu sont résurgences
d'anciens rites celtiques de Beltaine (feu de Bel) qui avaient
lieu au mois de mai. Ces feux faisent suite à le nuit
de Walpurgis du 30 avril, nuit maléfique par excellence
puisque les forces du mal sont à leur apogée. C'est
aussi la grande nuit des sorcières. C'est cette célébration
païenne des feux qui, christiannisée et décalée
au mois de juin, a donné les feux de la Saint Jean. Il
s'agissait de rites de fertilité et de purification, où l'on
accompagnait le soleil vers le domaine hivernal. Le jour de la
Saint Jean passait pour être magique (de nombreuses pratiques
de sorcellerie ont lieu ce jour). Cette tradition un peu oubliée
renait depuis quelques années dans les communes de Lorraine.
C'est particulièrement vrai à Sierck les Bains
où
la roue enflammée dévale les pentes du Stromberg
situé
au nord de Sierck, avant de terminer sa course dans les eaux de
la Moselle. Tous les ans, de nombreux villages des environs participent
à cette fête du feu multimillénaire pour la
célébration de l'apogée de la puissance solaire,
de l'amitié et de l'amour.
Pour cette tradition, voir aussi la page
de l'amicale sur l'historique de la fête.
Les
Mystères du Rosaire En
août 1415, les chartreux s'installent au couvent de Marienfloss
avec à leur tête le prieur Adolphe Essen, par ailleurs
"directuer spirituel" de Margueritte de Bavière,
duchesse de lorraine. Cette dernière, après son mariage
avec le duc, se rend compte qu'il la trompe, et se réfugie
dans la forteresse de Sierck les Bains. Seule dans une forteresse
militaire, le Prieur Adolophe Essen lui propose de se tourner vers
la prière, et plus particulièrement de prier Marie,
avec sa prière préférée, l'Ave Maria.
Mais le supérieur de Marienfloss veux faire d'une prière
vocale, une prière de méditation. Au même moment,
Dominique de Prusse, un frère du couvent, résume
la vie de Jésus en 50 formules, qui, inscritent sur papier
comme aide mémoire, lui permettent de prier avec profit.
Mis au courant, Adolphe voulut en faire profiter la duchesse.
Symboliquement, la répétition des 150 Ave plantent
autour de la Margueritte un superbe jardin de 150 roses, une roseraie.
La rose étant un symbole de joie, elle concrétise
la relation de Marie à Jésus. Aussi, Dominique nomera
cette prière Rosarium, qui sera composé de 50 mystères.
Evolution vers les 15 mystères contemporains :
Au même moment, Henry Kalkar, une autre chartreux, organisa
les mystères en groupe de 10. Puis en 1464, un dominicain
du nom d'Alain de la Roche organisa les formules d'origines (ou
clausules) en 3 séries (mystères joyeux, mystère
douloureux et mystère glorieux), selon les mystères
du Christ (incarnation, croix, résurection). Dès
1480, on retrouvera dans les livres les 15 mystères, les
mêmes qu'aujourd'hui à 2 exceptions près. Mais
ce ne fut qu'en 1521, qu'un autre dominicain, Alberto de Costello,
désignat ces méditations du nom de mystère.
Ce
mystère à 15 dizaines se popularisa au XVIème
siècle, la bulle papale de Pie V, Consuevrent Romani Pontiffices
de 1596, les consacrant officellement comme prière de l'église.
En 1974, le Pape Paul VI rappela "l'orientation christologique
claire" du rosaire. Le 16 octobre 2002, le Pape Jean-Paul
II proclame l’année qui va d’octobre 2002 à
octobre 2003, Année du Rosaire. Il publie la lettre apostolique
« Rosarium Virginis Mariae » (« le Rosaire
de la Vierge Marie »). Afin de donner une consistance nettement
plus christologique, il ajoute un quatrième Mystère
aux trois existants : Les Mystères lumineux.
Aujourd'hui encore, des groupes de prière se réunissent
autour du rosaire, 790 personnes dans 75 groupes rien que dans
le diocèse de Metz, plus de 10 000 groupes en France.
Voila comment une prière écrite pour une duchesse
du moyen
âge dans le petit couvent de Marienfloss devint une des
prières les plus populaire du monde chretien.
Le
Christ de Sierck (3) Nous
somme en 1985. Tout a commencé par une fuite d'eau dans un immeuble
situé sur la place du centre ville (le bâtiment
à droite de la facade arrière de la mairie). Un habitant
de cet immeuble avait péché une carpe qu'il avait
placé dans l'eau de la baignoire de sa salle de bains. La
carpe etait allée se placer contre le système d'évacuation
d'eau de la baignoire, provoquant ainsi un important débordement
d'eau, qui inonda la salle de bains, puis le mur extérieur
de l'immeuble, laissant des traces sur le crépi de la facade
extérieur qui sont toujours visibles aujourd'hui.
Un visage d'homme au regard triste est resté figé
sur ce mur. En détaillant bien cette image, on y remarque
à sa base, à gauche, comme une bougie ou un cierge
dont la flamme illumine la face du visage. la chevelure est sombre,
et sur celle ci est placée ce qui pourrait être une
couronne d'épine. On remarquera aussi l'aura magnifique
du personnage.
On parla beaucoup de ce phénomène. Les chaînes de télévision
et la presse se déplacèrent pour enqueter, filmer. Des milliers
de personnes sont venues de toutes parts, intriguées par ce qui se passait.
Il y eut les curieux, mais aussi ceux qui y voyaient l'image du Christ, et qui
venaient presque en pélerinage.
Aujourd'hui, les habitants de la ville ne parlent plus beaucoup de ce phénomène,
peut être par pudeur. Mais certains passent encore devant la maison en
se signant. Quant à
l'explication du phénomène, beaucoup d'hypothèses
ont circulées, mais entre sciences et religion, personne
n'y a apporté une réponse.
Les
pavés de Sierck les Bains (6)
Jusque vers 1800, les pavés en calcaire dur provenant principalement
d'Hettange Grande, régnaient en maître dans la région. Fragiles, peut
résistant au gel, il avaient une durée de vie limitée ce qui obligait
à les relever tous les 10 ans. Dans les grandes villes, l'entretien
des rues était à la charge des riverains, souvent récalcitrant à engager
les travaux, aussi, les rues étaient souvent en mauvais état. Alors,
lorsque le pavé de Sierck arriva sur le marché, résistant au gel, aux
chocs et quasi inusable, le succès fut immédiat. Son seul défaut, un
prix de revient plus élevé (en 1837, 4,80 francs le m² pour le pavé
de Sierck, 2,5 francs pour celui d'Hettange taille égale). Les premiers pavés. L'époque des première extraction est incertaine
mais l'Abbé BETTINGER a écrit qu'en 1784 un ingénieur, Mr JAUNE (ou
JAUNEZ) est venu à Sierck pour superviser la construction des quais.
Intéressé par les qualité de la quartzite, il aurait fait confectionner
des échantillons de pavés pour les envoyer à Metz. Nous ne savons pas
ce qu'il advint ensuite, mais il fallut attendre après la révolution,
en 1817, pour retrouver la trace des pavés de Sierck dans des documents
officiels. Le corps royal des Ponts et Chaussées trouva le matériau
si résistant qu'il fut décidé de refaire les voies royales (traversées
de Thionville, Metz, Longeville les Metz, Moulins, Montigny, Hayange...).
La renommée de nos pavés était faite, puisqu'après cela, les ville
comme Metz et Thionville s'y intéressèrent dès 1817, suivit par nancy
en 1836, Toul et d'autre encore. Même la ville de Paris se renseigna
sur nos pavés en 1853. L'exploitation des pavés. En 1817, les Ponts et Chaussées exploitaient
la carrière du Hasenbesch, entre Sierck et Apach. pour ne pas dépendre
de ce service, la ville de Metz envoya Mr JACOB, paveur de la ville,
qui ouvrit une carrière au Dichenberg. la ville de Sierck toucha respectivement
300 fr et 150 fr de loyer pour chaque exploitation, les habitants gardant
le droit de prendre des pierres pour leur usage personnel. Les loyers
versés servirent à la ville pour la remise en état des routes âbimés
par le transport des pavés, problème récurrent source de conflit entre
la municipalité et les exploitants successifs. En 1824, les Ponts et
Chaussées arrêtèrent l'exploitation de leur carrière et en cèdent le
bail pour 1 an à Mr de WENDEL pour la réfection d'une voie royale à
Hayange. En 1829, Mr JACOB reprit le bail de toutes les exploitations
à titre personnel. En 1835, la ville de Metz récupèra le bail pour
9 ans, incluant la carrière du Schleifberg. A peine commencé, le bail
est cédé à un sieur AUBRY, qui faisait commerce de pavé. Au terme de
ce bail, en 1846, une adjudication pour 18 ans fut décidée pour les
carrières du Dichenberg et du Rodenberg, la ville se réservant l'usage
du Schleifberg et du Rocher (au bout de la rue du moulin). la ville
de Metz dut s'incliner devant la surenchère de Mr BETTINGER. Ce dernier,
en situation de monopole, pratiqua au fil des années des tarifs prohibitifs
qui amenèrent certains gros clients à se fournir à Orscholz (Sarre).
En 1854, on reloua pour 12 ans les carrières (peut être à un certain
Mr LECLERC). On retrouve un Mr LECLERC, associé à Mr Jean Pierre CHARTON,
venu à Sierck en 1852 pour s'occupper de négoce de pavé et cité en
1864 pour la première fois dans les registres de la commune. Ce dernier,
doué en affaires, fit du négoce du pavé un commerce florissant, a tel
point qu'il importa des pavé d'Orscholz pour répondre à la demande
(peut être y exploita-il directement des carrières).Bientôt son fils,
Nicolas, vint le seconder. L'annexion de 1870 n'empêcha pas Mr CHARTON
de livrer tous ces clients, même coté français. En 1876, une nouvelle
adjudication, pour 6 ans, fut attribuée à Mr MASSON, entrepeneur à
Monneren, malgrès tout les efforts de Mr CHARTON. Mais en 1879, Mr
MASSON n'avait toujours pas versé de loyer, aussi la municipalité de
Sierck réattribua l'exploitation des carrières à Mr CHARTON. L'emprise
de cette famille sur les carrières sierckoises allait durer plus de
50 ans.
En 1880, Mr Jean Pierre CHARTON déclara exploiter la carrière du Hasenbesch,
sur le territoire de Rustroff, une carrière sur le ban de Bealmach
(Apach), une autre près de la route de Bouzonville à 140 m de Sierck
(peut être le Dichenberg). En 1882, Nicolas CHARTON déclara exploiter
la carrière dite Sultzen à Montenach et une autre entre Sierck et Apach
(le bas du Hasenbesch). Toujours en 1882, la commune de Sierck décide
de relouer le Dichenberg et le Rodenberg. Les CHARTONS ne laissent
pas passer l'occasion et obtinrent un bail jusqu'en 1893, prolongé
ensuite jusqu'en 1923. Entre temps, Mr CHARTON racheta la carrière
du Schleifberg à Mr LAMORT et fut maire de Sierck de 1896 à 1912. Malgrès
son sens des affaires, le marché pour les pavé déclina, notemment à
cause des producteurs vosgiens qui firent le forcing auprès des clients
français de Mr CHARTON pour qu'ils achètent leurs pavés en France.
Le développement du train permit aussi l'arrivée de produits concurrent
à mooindre coût dans la région. La production de pavé ce serait arrêtée
en 1908. Production de pierre concassées et de ballast. Après l'annexion de
1870, l'administration allemande développa le chemin de fer qui arriva
jusqu'à Sierck, ouvrant ainsi un nouveau marché pour nos carrières:
le ballast. Parallèlement, l'armée allemande procéda à de gros travaux
de construction et de fortification comme à Metz et Thionville, créant
ainsi un nouveau marché pour de la pierre concassée. Nicolas CHARTON
sut saisir ces opportunités et réorienta l'activité des carrières vers
ces nouvelles productions. L'activité ne fut jamais aussi importante
et procura du travail à de nombreux habitants des villages voisins,
il fallut même faire appel à de la main d'oeuvre polonaise. Afin de
faciliter le chargement, une ligne de chemin de fer fut construite
jusqu'au pied du Hasenbesch.
Nicolas CHARTON démissionna de la mairie en 1912 mais fut renommé administrateur
de la ville de Sierck en 1918 au vur de son dévouement à la cité. L'activité
des carrières devint de moins en moins rentable. Aussi, il fut installée
une station de concassage électrique à la carrière du Hasenbesch qui
augmenta la production en baissant les coût en 1922. A la mort de Nicolas
CHARTON en 1923, l'entreprise passa dans les mains de son fils Henri,
qui la cèda à son frère Louis qui résidait à Sierck. Rustroff ne s'opposa
pas au transfert de bail, mais Sierck si, et une nouvelle adjudication
pour un bail de 15 ans fut donné à la Société des Carrières Réunies
des Quartzites de Sierck Charton et Cie SA en 1929. En 1932, la raison
sociale de l'entreprise change et en 1934 la siège est transféré de
Metz à Marne la Coquette, résidence des nouveaux propriétaires. Dans
les années 30, la marasme économique forca la Société des Carrières
Réunies à vouloir baisser le prix des loyers cequi provoqua des frictions
avec les communes de Sierck et Rustroff qui eurent gains de causes.
Pendant la guerre 39-45, la carrière du Hasenbesch connut quelques
activités, reprisent après la guerre par la société PRM (Produits Routiers
et Matériaux) qui reprit le bail de 25 ans de la Société des Carrières
Réunies. Un nouveau bail sera signé en 1953, mais le Hasenbesch sera
vite abandonné car son extension vers l'est est impossible. La station
de concassage a été transférée au Dichenberg. Cette dernière et le
Rodenberg ont été maintenu en activité jusqu'en 1967. Le Hasenbesch
sera vendu à un particulier en 1974 qui l'a revendu à une entreprise
luxembourgeoise qui y dépose encore aujourd'hui terre et gravats. Le
Befelz sera transformé en stand de tir et le Dichenberg en décharge
municipal. Ceci mettait fin à 150 d'exploitation des carrières mais
aussi à tous les désagréments que cela procurait aux habitants de la
ville.
L'offrande
à Saint Hubert Autrefois,
le
3 novembre, jour de la Saint Hubert, les habitants du village
déposaient au pied
de son autel, du blé, de l'orge et de l'avoine ainsi que
du sel et du pain. Pendant la messe le prêtre bénissait
ces offrandes et demandait au Saint d'accorder sa bénédiction
et sa protection à toute la communauté, hommes
et bêtes, afin que chaque famille soit préservée
contre la rage. Les céréales étaient ensuite
mélangées à la nourriture du bétail
mais également aux semences. Le pain était partagé
pendant le repas entre les membres de la famille, et le sel
servait
à préparer les repas. Aujourd'hui, cette pratique
est tombée dans l'oubli.
Une
contribution de Mme Ghislaine LEONARDI et de Mr Denis NIEDERCORN.
L'histoire du village Etymologie d’un nom Le premier document connu dans lequel est cité Waldwisse, se trouve aux Staadtarchiv de Koblenz (Allemagne) et date de 1030. A cette époque les documents connus font état du nom de Wysse, Wiisse, Weisse puis Wiersse. En effet, en langue francique (platt), encore aujourd’hui, l’appellation du village est « Wĩss » et non Waldwisse, avec une accentuation du son i ce qui explique la présence du y ou de deux i. En 1147, lorsque le village est érigé en paroisse, il est écrit Wisse et en 1317 apparaît pour la première fois le préfixe Wald avec la dénomination romanisée Waldwiza. Il semblerait que ce préfixe ait été attribué pour différencier ce Wisse du Wisse près de Metz (Metzerwisse), et du Wisse im Gau (Gavisse). En 1455 apparaît Waltewysse (avec la réapparition du y) puis plus tard Waldwisse, et Waldwiese pendant l’occupation allemande. Si Wald semble bien être le mot germanique forêt, Wyss n’est pas le mot allemand Wiese, pré ou prairie, comme il a été orthographié pendant l’occupation. Wyss date d’avant l’apparition de cette langue et est un mot du parler francique formé, selon certains érudits, à partir de la racine linguistique indo-germanique « weis » qui veut dire couler ou eau qui coule. La traduction étymologique du nom de Waldwisse serait donc l’eau qui coule dans la forêt ou la source dans la forêt.
Histoire De nombreux vestiges anciens ont été découverts sur le territoire de la commune dans le passé. Cela va de tombes de l’époque du bronze final (1250 à 700 av. J.C.) et de tumuli de l’époque du fer, Halstatt (700-450 av. J-C.) et la Tène (450-52 av. J-C.). Ces dates correspondent à la chronologie appliquée à notre région, entendue qu’elles varient suivant les endroits par rapport à l’installation progressive de ces peuplades. Cette période qui voyait la présence d’une civilisation pratiquant l’incinération funéraire correspond géographiquement au futur territoire des Trévires et actuellement à la frontière linguistique des parlers germaniques. De nombreuses traces de l’époque romaine existent également. Le territoire de la commune était traversé par une voie romaine reliant la vallée de la Moselle à celle de la Nied et croisait vers Launstroff-Ritzing la grande voie romaine Metz-Trèves de la rive droite de la Moselle.
Plus tard ce fut l’époque des invasions qui sonnèrent le déclin de l’empire romain. Les francs, ensemble de tribus germaniques, s’installèrent en Gaule et donnèrent leur nom à la France. Le francique (platt) est la langue directement issue de ces peuplades. En 1952 une importante nécropole mérovingienne (première dynastie des rois francs) fut découverte lors de la construction d’une maison. Des découvertes analogues avaient été faites le siècle précédent et témoignent de l’importance de la population occupant ce site à cette époque.
En 1030 la duchesse Judith de Lorraine fait donation de ces revenus sis en plusieurs villages, dont Waldwisse, au monastère St Mathias de Trèves, contre prières et offices, en souvenir de son époux disparu après être partit en terre sainte. Or sept années plus tard, en 1037, un autre document vient confirmer cette donation. Il est signé de la main même du duc Aldabert revenu d’orient où il fut captif des sarrasins.
En I349 apparaît le nom du moulin de –Lomill- situé à l’écart du village. Il deviendra plus tard -moulin du Roy- c’est à dire moulin banal. En I560 est citée la ferme de Henkingen. Appartenant aux moines de l’abbaye de Rettel elle eut son importance puisque citée - métairie franche dans laquelle se livrent les rentes annuelles, s’exerce la justice, se tiennent les plaids annaux, etc...-.
La guerre de trente ans a laissée la contrée a feu et a sang et a marquée la mémoire populaire. Ravagée successivement par les Français, les impériaux et la résistance lorraine elle eut également a souffrir des alliés des uns ou des autres. Les Irlandais, les Croates, les Suédois ajoutèrent aux malheurs des habitants. En 1637 un document indique que le curé de la paroisse -ne pourra percevoir pendant plusieurs années aucune dîmes dans le village tellement les terres sont ravagées et que la population décimée a été réduite de plus de la moitié-. En I789 le curé est un fervent républicain au point de refuser le mariage aux jeunes époux et le baptême aux enfants si parrains et marraines n’ont pas prêté serment. A tel point que les paroissiens excédés se débrouillent pour le faire muter ailleurs. Ce qui se passât dans sa nouvelle paroisse on ne le sait pas exactement. Toujours est-il que de prêtre patriote il devient royaliste. Il sera arrêté et exécuté sur les remparts de Metz le 7 ventôse 1794 avec ses complices -pour intelligence avec les ennemis intérieurs et extérieurs de l’état-.
En 1880 fut construit le lavoir communal sur soumission pour la somme de 7756 marks.
Bombardé le 19 novembre 1944 lors de l’avancée américaine, Waldwisse fut sinistré à 80%.
Waldwisse fut aussi une station de chemin de fer avec gare et quais de chargement sur la ligne reliant Merzig en Allemagne à Bettelainville, entre la première guerre mondiale et 1959.
La commune, avec ses annexes de Bétting et Gongelfang comptait 976 habitants en 1828. Ce nombre est monté jusqu’à 1134 habitants en 1844, année où il est fait état de la présence d’une capitainerie des douanes, d’un percepteur des douanes, d’un percepteur des contributions directes et de la résidence d’un notaire. Dans les années suivantes lors des épidémies de choléra la population subie une nette régression pour se stabilisée aux alentours de 750 habitants jusqu’au environ de 1930. Le recensement de 1982 fait état de 596 habitants pour remonter au-dessus de 700 aujourd’hui et certainement bientôt au-dessus de 800 avec un lotissement de 62 parcelles en cours d’achèvement.
L’annexe de Gongelfang est citée sous le nom de Gundelvinga en 1030. En 1569 sous l’appellation de Ingelfangen elle est associée à Bettingen et en 1700 les deux villages passent de la seigneurie de Meinsberg à celle de Bourgesch. Les deux hameaux formèrent une seule et même commune de 1790 à 1814, date à laquelle, suite au traité de Vienne qui réorganisait l’Europe après la chute de Napoléon 1er, la France était amputée de plus d’une centaine de localités au profit de la Prusse. Gongelfang fut ainsi donné à la Prusse et Bétting rattaché à Waldwisse. Douze ans plus tard, devant l’incohérence de ce partage (d’autres villages tout le long de la frontière étaient concernés), une rectification des frontières eut lieu et Gongelfang rendu à la France. Se posa alors le problème délicat : fallait-il reformer la commune de Bétting- Gongelfang ? Finalement il fut décidé de rattacher également Gongelfang à Waldwisse.
La chapelle de Bétting, dédiée à Notre-Dame du Bon Secours, qui avait été construite par les habitants du hameau avec l’aide d’une partie de ceux des environs en 1898 a été, 100 ans après, entièrement restaurée par les habitants qui s’étaient constitués en association pour les besoins de la restauration. La commune a cette fois participé financièrement aux travaux.
Une importante communauté juive était installée à Waldwisse avec son cimetière, toujours existant, datant pour la plus vieille partie des environs de 1660 avec un chêne majestueux de près de 350 ans témoin de son histoire. Une synagogue et une école rabbinique existait également dans la rue que les anciens appellent toujours la ‘’Judengass’’ (rue des Juifs) aujourd’hui rue des Ecoles et qui ont disparu pendant la dernière guerre