La
belle histoire d'Apach (4) Autrefois, aux frontières de la Gaule vivaient
les Germains. Notre pays au climat tempéré les attirait.
5OO ans après J.C. une bande franque se réunit pour tenter
l'Aventure et passer la frontière. Avant de partir, les guerriers
se donnèrentent un chef. Aussitôt l'élection de
celui-ci, ils ont franchi le Rhin sur des radeaux. Les guerriers ne
partirent pas seuls, mais avec femmes, enfants et tous leurs biens.
Sur l'un des chariots il y avait une belle femme qui s'appelait Acha.
La bande avançait, pillait par-ci par-là un village galloo-romain.
Au bout de quelques mois, les premiers de la horde arrivèrent
dans une ville située entre Trèves et Metz et ont attaqué cette
ville défendue par les Romains mais leurs assauts étant
desordonnés, ils furent repoussés par les ennemis. Au
cours du siège devant Hettange-Grande, le mari d'Acha a été blessé grièvement
par une flèche. Après le combat perdu par cette horde,
ils se sont remis en route sans savoir vers quel lieu ils se dirigeaient.
Ils marchèrent jusqu'au soir et s'arrêtèrent près
d'un petit ruisseau où ils désaltérèrent,
et où ils restèrent pour se reposer. Ils se trouvaient
très à l'aise dans cette vallée entourée
de collines et de forêts. Ils trouvèrent le
site si merveilleux qu'ils décidèrent d'y rester. La
construction de cabanes n'était pas une affaire d'état
et leur installation était rapide. Un nom avait été donné à l'endroit
où ils s'étaient fixés, et il s'appelait alors
Acha-am-Bach, qui signifie Acha-près-du-Ruisseau.
La
pêche miraculeuse (5)
Au moyen âge, le couvent de Rettel était un grand propriétaire
terrien et possédait même le droit de pêche sur la Moselle entre
Rettel et Apach. Aussi, les habitants du villages n'avaient pas
le droit de pêcher et pour avoir du poisson sur leur table, ils
devaient le braconner. On dit que lorsque un braconnier mettait
ses naces à l'eau à la tombée de la nuit, la Moselle devenait noire
et la pêche était peu fructueuse. A l'inverse, lorsque les habitants
du village pêchaient pour les moines de l'abbaye, des feux follets
apparaissaient et dansaient au dessus de l'eau pour éclairer les
pêcheurs pendant leur travail et la pêche était naturellement miraculeuse.
Le
bombardier oublié (7) Fin octobre 2007, sur une zone difficile à travailler
et humide occupée par des jardins cultivés avant la seconde guerre
mondiale, les ouvriers de l'entreprise Muller Assainissement effectuaient
un nettoyage en vue de la pose d'une canalisation. Sur ce terrain
ou la nature sauvage a depuis longtemps repris ses droits, il firent
une curieuse découverte: des restes eparpillés et déchiquetés de
tôles d'alluminium, certaines pourvues de tubulures particulières.
Dans un talus, de l'autre coté du ruisseau, une forme prise entre
les racines d'un arbre evoquait le nez d'un fuselage. Il s'agit
en fait des restes d'un Henkel 111, un avion en service dans la
Luftwaffe pendant la seconde guerre mondiale (l'article parlait
d'un Messerschmitt, mais le modèle 111 correspond au bombardeir
d'Henkel). D'après les rares témoins de l'accident, notamment madame
JUNG, née LONG, proche riveraine du point de chute, cette avion
se serait écrasé en octobre 1940, moins d'un mois après le retour
de la population de son évacuation de la Vienne. Il aurait explosé
au sol. La Wehrmacht boucla peu après le secteur et déblaya l'essentiel
de la carcasse et les munitions qui restèrent intactes après l'incendie.
La population civile n'eu que peu d'information, mais l'on peu
supposé que cette avion provenait ou arrivait de l'aérodrôme de
Basse Yutz, ou ce type d'avion était stationné pour l'entraînement
des pilotes. L'émotion, la peur de l'accident et l'envahissement
par les ronces et les broussailles ont conduit à l'oubli. Mais
67 ans après, alors que peu de survivants peuvent se souvenir,
l'histoire a resurgi.
LE
TEMPLIER MAUDIT (1) Surplombant
le village se dresse le château de Mensberg avec ses trois
tours et son donjon en ruines. On l'appelle aussi parfois le
château de Malborough. Il fut bâti par les seigneurs
de Sierck les Bains au XIIème siècle. Les rivalités
féodales finirent par le détruirent et au XVème
siècle, le chevalier Arnold VI, seigneur du lieu, voulu
le reconstruire. Bien que Templier, ce chevalier faisait passer
ses plaisirs avant ses obligations de chevalier du Temple. Sa
vie dévoyée le mena bientôt à la misère.
Il examina les diverses possibilités qui lui auraient
permis de s'enrichir et n'en retint qu'une qu'il pouvait accepter
: vendrer son âme au Diable. Il invoqua Lucifer en personne,
et celui-ci apparut sous la forme d'un affreux lutin. Un pacte
fut conclu : Arnold pourrait vivre joyeusement pendant 60 ans, être
en bonne santé
et avoir continuellement de l'argent dans sa bourse. En échange,
le délai expiré, son âme appartiendrait au
Diable.
L'argent du Démon permit ainsi de reconstruire le château.
Seule la chapelle resta inachevée.
Ainsi, soixante année passèrent en fêtes, chasses
et beuveries. Un soir, peu avant minuit, un homme élégamment
vêtu, portant une longue cape, et répendant autour
de lui une légère odeur de souffre, se présenta
au beau milieu de l'orgie. Il prit place à la table, tout
près du maître de maison et resta muet jusqu'à
minuit. Dès que le douzième coup eut sonné,
il se leva et dit d'une voix caverneuses et terrible qui fit trembler
les voûtes de la demeure :
- Templier ! Je suis venu du fond de l'enfer, afin de régler
mes comptes avec toi. Souviens toi, il y a exactement soixante
ans, jour pour jour, tu m'a vendu ton âme en échange
de tous les biens terrestres dont tu a profité à profusion.
C'est a toi de tenir maintenant tes promesses!
Puis il jeta sa longue cape dont il été enveloppé,
se débarassa de ses vêtements et déploya ses
gigantesques ailes membraneuses. Puis, indifférent à
la panique qui s'emparait des convives, il emporta dans les airs
le chevalier Arnold.
Naturellement, ceci est bien une légende. En effet, la
construction du château est postérieure à la
destruction de l’ordre des templiers par Philippe le Bel.
Alors, pourquoi cette légende ? Elle tire peut être
son origine dans les bruits que fit courir les agents du roi pour
discréditer les templiers avant leur arrestation. Peut être
a-t-elle un rapport avec la découverte de ce que l’on
peut penser être un atelier de production de (fausse) monnaie
pendant la restauration récente du château ?
Cela expliquerai la richesse soudaine de ses propriétaires.
Mais ça, plus personne ne le sais…
Le
hêtre justicier (3) Avec
un peu d'imagination, on distingue sur un hêtre séculaire, à proximité
de Rémeling, un visage humain ravagé par le chagrin et la douleur.
Une image qu'accentue la couleur cendrée de l'"corce. Il s'agit
de stigmates indélébiles que cet arbre, au demeurant fort majestueux,
exhibe depuis des lustres. Ah! si son bois pouvait parler! Il raconterait
les heurs et les malheurs de ceux et celles qui ont profité de
son ombre, de son isolement. A commencer par les rendez vous galants,
les mots doux, les soupirs, les ahanements des amants. Ses couronnes
se tressaient de plaisir, ses faines s'illuminaient.
Il entendit mot pour mot le complot ourdi entre le duc Charles,
le chevalier Krantz et son alter égo de Rouhling, promptes à assiéger
Metz, à l'affamer et à passer par l'épée puissants et misérables.
Des bandits sanguinairtes s'y sont succédé, se partageant de fabuleux
butins alors que les armées victorieuses faisaient ribote sous
ses frondaisons. Qu'ils arrachaient ensuite pour se torcher dans
les feuillets. Ses branches se tordaient parfois d'effrois. Mais
le pire remonte à l'époque ou rois et seigneurs rendaient justice
sous les chênes et les hêtres. Le hêtre de Rémeling revoit encore
les soldats traînant par les bras et les jambes un pauvre bûcheron,
père de huit enfants, hurlant son innocence. "L'assassin revient
toujours sur les lieux de son crime!" se moquait-on. Accusé d'avoir
envoyé un chevalier ad patres, le pauvre père avait bien fourni
un alibi mais qui aurait tué à la hache, sinon un professionnel?
La vérité était autre. La justice souffrait déjà de dysfonctionnement.
Le hêtre était témoin. Mais ne pouvait dire comment un bandit de
grand chemin avait tendu une embuscade au preux chevelier pour
lui voler sa bourse pleine d'or. Le seul tort du bûcheron, le lendemain
du crime, fut de l'une de ces pièces perdues par le gredin. L'innocent
condamné à mort, séance tenante, sera exécuté dans la foulée. Sous
les yeux des siens. Le hêtre en conservera une telle horreur que
ses branches les plus noueuses se déformeront au point de reproduire
la masque de l'infortuné bûcheron rendant son dernier soupir.
Sobriquet des habitants: les
ânes de Sierck (2) Un
soir de mercredi des cendres, le curé de Sierck appelé
au chevet d'un mourant de la paroisse confie la lourde tâche
de distribuer les cendres à son bedeau, homme dévoué
mais un peu limité...Après moult recommandations
et après avoir fait répéter la phrase rituelle
: "Tu es poussière et tu retournera à la poussière"
une bonne dizaine de fois au bedeau, il s'en va...
Arrivé à la porte de l'église, le pauvre bedeau
affolé l'appelle:
- Monsieur le curé, Monsieur le curé, comment est-ce
que je dois dire déjà?
Le curé, excédé et pressé, lui répond
de loin:
- Oh! Tu es un âne et tu restera un âne!
Et c'est ainsi que tous les sierckois (car à l'époque
tout le monde venait à l'église) se virent apposer
les cendres avec cette phrase retenue à grand'peine par
le bedeau: "Tu es un âne et tu resteras un âne!".
Sobriquet des habitants: les corbeaux.
On raconte qu’un jour trois garnements s’en étaient allés battre la campagne pour pratiquer le dénichage, pratique très courante à une époque où jeunes pies, grives ou corbeaux amélioraient l’ordinaire. L’un d’eux ayant découvert un nid grimpa à l’arbre et y trouva trois jeunes corbeaux justes à point dont il s’empressa de s’emparer. Ses compagnons accourus furent ravis, il y avait un oiseau pour chacun car selon la coutume les trouvailles étaient partagées. Mais le premier garnement en prenant tour à tour les volatiles leur dit "celui là c’est mon dut car c’est moi qui les ai trouvé, le deuxième c’est mon dut pour avoir grimpé à l’arbre et le troisième c’est ma part". C’est ainsi que depuis, lors d’un partage non équitable, on dit "ils partagent comme les Wissois avec les corbeaux". (voir "La légende de Louispersil", Toun, éditions Klopp, Thionville, 2003).
L'agroglyphe
de Gongelfang.
Le 2 juillet 2002 au matin, prévenu par son grand père,
Jean Luc STREIT, un éleveur de Gongelfang (commune rattachée à Waldwisse),
découvre un dessin géométrique dans son champs
de blé. La nouvelle
fait rapidement le tour du village et se répand au dela
aidée par
les médias (3 articles dans le journal local entre autres)
et internet. L'agroglyphe aura même droit à un passage
lors de la diffusion du Tour de France qui passa à proximité le
8 juillet.
Mais comment est apparu ce dessin, composé de cercles parfaits,
dans ce champs? Ce qui est sûr, c'est qu'il est apparu dans la
nuit du 1er au 2 juillet. D'après le propriétaire du champs, ce
dessin aurait nécessité 6 à 7 heures de travail en pleine nuit
(la zone étant éloignée de tout point d'éclairage). Mais aucunes
personnes et aucunes lumières n'ont été apperçu dans le secteur
cette nuit la. Au sol, aucunes traces, hors les sillons du tracteur
de Mr STREIT, aucunes brûlures, aucunes traces de passages ou d'écrasement
mécanique. Juste les épis de blé pliés à leur base formants le
dessin sur une quinzaine d'ares. Une enquète de la gendarmerie
de Waldwisse ne donna pas plus de résultats.
Les badauds, simples promeneurs ou amateurs de phénomènes étranges,
se succédèrent sur le site. Chacun y alla de sa théorie: amataur
de Land Art, croops circles comme en Angleterre, force tellurique...
Même un radiésthésiste allemand vint tenter de déceler les vibrations
du sol. Au final, aucune explication convaincante ne fut trouvée.
Ce qui est sûr, c'est que cette agroglyphe attisa la curiosité
l'espace de quelques semaines, car il disparut à la fin juillet,
lorsque Mr STREIT moissonna son champs.
La pierre brûlante
Un lieu dit s’appelle -Heiss stein-, la pierre brûlante. Une grosse pierre s’y trouve et la légende rapporte que la nuit de Noël, sur les douze coups de minuit elle se met à tourner sur elle mème et devient brûlante. Est-ce la christianisation d’un ancien lieu de culte, la trace d’une ancienne borne romaine, la question reste posée. Toujours est-il que la pierre elle mème est un énorme polypode fossilisé comme on en trouve parfois dans la région (disparue aujourd’hui).